La Moire d’Ohrid

Promesses

Archive pour décembre, 2008

Tant de raisons

Posté : 20 décembre, 2008 @ 12:12 dans T | Pas de commentaires »

Je l’ai observé un long moment
puis doucement j’ai tiré le drap
sur ses fines et blanches épaules
et je me suis levé.

Les mains en forme de coupe,
j’ai déposé de l’eau fraîche sur mon visage,
volé quelques secondes au temps,
déjà tant de raisons d’aimer la vie.

Gabriel Beronne

Confidence

Posté : 19 décembre, 2008 @ 9:00 dans C | Pas de commentaires »

Me suis réveillé
avec une terrible envie
de l’embrasser
couvrir son corps de baisers,
l’imaginer, l’envisager.

Me suis levé,
les paupières lourdes,
l’esprit encore livré
au poids du sommeil,
je l’entends se préparer.

Dans le salon, prête à partir,
préssée toujours préssée,
dernier baiser, deux trois mots,
les clés sont sur la table,
me lance t-elle !

Chasser ses embruns
qui m’empêche de la voir,
pleine de fraîcheur, d’élan,
de finesse, un clin d’oeil,
ses pas dans la cage d’escalier.

Me suis nîché sur le canapé,
dans le tourbillon de l’attente,
vers cette force
qui me pousse,
ne cesse jamais d’y croire.

Je ferme les yeux,
le goût du présent,
j’ai hésité, j’aurais dû
lui murmurer à l’oreille
une vraie confidence.

Gabriel Beronne

Ma chance

Posté : 18 décembre, 2008 @ 8:43 dans M | Pas de commentaires »

Sans rien dire, je la regarde
poser son menton dans le creux de sa paume
et ce geste, voyez-vous, aussi simple soit-il,
me fait chanceler.

C’est une belle femme,
la chance est avec moi,
j’en ai toujours eu,
même quand je n’avais rien,
je pensais posséder la lune.

Elle l’ignore cependant c’est elle
qui fait de moi un homme
dans lequel je reconnais
l’enfant qui me fuit
et le vieillard
qui m’épaule.

Gabriel Beronne

Absente

Posté : 17 décembre, 2008 @ 8:59 dans A | Pas de commentaires »

Ne voulant ni rentrer,
ni traîner dans les bars,
je suis passé chez elle,
j’ai ouvert la porte
et suis entré à pas feutré.

Personne, aucun bruit,
pas une voix, absente.

J’ai plongé mon nez
dans les plis de sa robe noire,
sentir son odeur me force à croire
qu’elle viendra me rejoindre
cette nuit, en secret, par surprise.

Puis j’ai commandé une pizza
et passé la soirée devant la télé.

A défaut de me blottir contre elle,
me suis contenter
de m’endormir dans son lit,
seul, à sa place, en guise
de réconfort.

Gabriel Beronne

Cap Horn

Posté : 16 décembre, 2008 @ 12:20 dans C | Pas de commentaires »

Me suis réveillé au zénith,
mes pensées virevoltaient,
lucioles et feu follets
sous une aurore nonchalante.

Devons nous lever l’ancre ?
Nous lancer dans un mélange de cuivre et d’ivoire ?

Nos ombres survoltées,
nos chairs salées,
le vent se lève, les vagues, la houle,
le navire tangue, chavire, bascule …

Veux-tu franchir le Cap Horn ?

Prétentieux, me lance t-elle !

Gabriel Beronne

Libre

Posté : 15 décembre, 2008 @ 9:17 dans L | Pas de commentaires »

Ce matin sous un soleil pudique,
j’ai suivi un refrain qui m’a fait atterir
devant un kiosque à musique.

Il y avait sur la place un concert de Strauss
et j’ai mimé en souriant quelques pas de valse
devant deux charmants petits vieux sur un banc
surpris et amusés de me voir faire l’enfant.

Devant la vieille dame, je me suis incliné,
je l’ai invité à se lever et nous avons tourné
à lents pas glissants autour de ce banc nacré.

Et bien que Strauss ne soit pas celui que je préfère,
s’il y ni avait pas eu de chiens sur cette terre,
j’aurais embrassé une bouche d’incendie,
tellement je me sentais heureux, libre, en vie.

Gabriel Beronne

Fragile

Posté : 14 décembre, 2008 @ 9:29 dans Non classé | Pas de commentaires »

Dans le creux de son pull,
j’y mettais mon nez
quand il faisait froid et gris.

Je vous parle de cette fille
transparente comme l’aile d’une libellule,
immense bulle fragile et radieuse.

Gabriel Beronne

Vanille

Posté : 14 décembre, 2008 @ 8:49 dans Non classé | Pas de commentaires »

Ce dont j’ai envie !

Sur ton chevet repose
une huile à la vanille,
douce, légère, évanescente,
celle que tu préfères.

J’aimerais te vaporiser quelques ondées,
caresser tes épaules, tes seins, tes cuisses, …

Gabriel Beronne

Nos demoiselles

Posté : 14 décembre, 2008 @ 8:38 dans Non classé | Pas de commentaires »

Qu’importe l’heure !

Je viendrais te chercher,
nous irons dans ce restaurant
avec cet aviron du début du siecle
suspendu au-dessus de nos têtes.

Il y a là-bas, accrochés aux murs
des tableaux à l’huile sur bois,
des sculptures posées sur le bar
représentant des corps enchevêtrés.

J’oubliais la musique,
aérienne, sensuelle,
Aretha Franklin,
Duke Ellington,
Louis Armstrong,
Miller, Parker, Gershin, …

Et tranquillement, nous rentrerons,
j’ignore comment sera la lune …

Pleine, je l’espère,
de promesses, de désir,
de plaisir, d’étoiles,
nos demoiselles d’honneur.

Gabriel Beronne

 

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